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4 spectacles à ne pas manquer

4 spectacles à ne pas manquer

Quatre spectacles, quatre atmosphères radicalement différentes, mais un même plaisir : celui de se laisser surprendre, de rire, de frissonner et de s’émerveiller. Quatre bonnes raisons de réserver votre prochaine soirée !

Le Guide du parfait gentleman assassin : so British !

Des pièces aussi délicieusement British, on en voit rarement à Paris. Et c’est précisément ce qui fait le charme de cette comédie musicale brillamment adaptée en français : un cocktail détonnant qui marie intrigue policière, satire sociale et numéros musicaux, dans une Angleterre édouardienne où les bonnes manières dissimulent les pires intentions.
Le principe est simple et réjouissant : Monty Navarro, jeune homme désargenté, découvre qu’il peut prétendre à une immense fortune et à un titre de comte. Seul problème : sept héritiers le précèdent. Il va falloir éliminer la concurrence. Les morts s’enchaînent, les situations deviennent de plus en plus rocambolesques et les soupçons s’accumulent. On se croirait dans une enquête d’Agatha Christie, si celle-ci avait décidé de confier ses crimes à une bande de joyeux drilles et de les faire chanter !
Tous les personnages sont formidables de drôlerie, délicieusement caricaturaux. Mention spéciale à Benoît Cauden : une performance inoubliable !
Le rythme est effréné, les scènes s’enchaînent à toute allure, les rebondissements fusent et les numéros musicaux relancent sans cesse la machine. On se sent presque aussi exténué que les comédiens ! 
Verdict : C’est drôle, élégant, enlevé, gentiment immoral et porté par une troupe formidable. On en redemande !

Au théâtre du Palais-Royal jusqu’au 3 janvier 2027

Inferno, La Dernière Nuit du Disco : flamboyant !

Avec Inferno, La Dernière Nuit du Disco, nous sommes transportés au cœur d’un club mythique des années 70 où les boules à facettes étincellent, où les basses vibrent et où l’insouciance se mêle à une subtile part d’ombre.  
Carmen, reine incontestée des nuits sulfureuses, accueille chaque soir dans son club — l’Inferno — une foule triée sur le volet. Dans ce temple de la fête où tout semble permis, débarque Bianca, une jeune danseuse à l’avenir prometteur. Propulsée dans cet univers mystérieux et électrisant qu’elle ne connaît pas, sa vie va basculer. Entre passion de la danse, quête de pouvoir, affaires de famille et désirs de vengeance, la jeune femme devra se frayer un chemin.
Dès les premières notes jouées en live, la magie opère. C’est un spectacle festif qui coche absolument toutes les cases d’une soirée réussie. Paillettes, tubes disco et ambiance de folie : ça bouge, ça danse, c’est tout ce que l’on aime !  
Mention spéciale au mariage surprenant mais bien pensé du ballet et du disco.
Véritable célébration de la folie des seventies, Inferno fait perdre la notion du temps et de l’espace. Allez-y les yeux fermés !

A Bobino jusqu’au 24 janvier 2027

2:22 A Ghost Story : le théâtre à l’heure des fantômes

Avec 2:22 A Ghost Story, le Théâtre Fontaine nous plonge dans l’angoisse.
Après sept saisons à Londres et trente productions à travers le monde, le phénomène de Danny Robins arrive à Paris.
Jeanne est persuadée que sa nouvelle maison est hantée. Sam, astrophysicien et farouchement rationaliste, refuse d’y croire. Lorsqu’un couple d’amis les rejoint pour dîner, la discussion autour des fantômes s’enflamme… jusqu’à ce que l’étrange s’invite réellement dans la soirée.
La pièce questionne avec intelligence notre rapport au paranormal, notre besoin de croire ou, au contraire, de tout expliquer rationnellement. Une ambiance angoissante infuse progressivement jusqu’à 2 h 22, l’heure où les certitudes commencent à vaciller.
L’exercice est d’autant plus réjouissant que l’horreur est un genre finalement peu coutumier au théâtre. 
La distribution est convaincante, avec une mention spéciale à Guillaume Labbé, parfait en défenseur de la rationalité, dont les certitudes sont progressivement mises à rude épreuve. Constance Dollé, Valentin de Carbonnières et Louane Emera complètent efficacement ce quatuor.
On rit, on doute, on sursaute et on se prend au jeu. 2:22 A Ghost Story réussit ainsi un joli tour de force : faire entrer l’horreur dans le théâtre et laisser notre imagination faire le reste.
Allez-y en sachant que le théâtre Fontaine a été construit sur l’emplacement d’un ancien cimetière, cela ajoutera une touche de frisson supplémentaire à l’expérience.

Au théâtre Fontaine jusqu’au 3 janvier 2027

Drag Race France live : la liberté comme manifeste

Avec Drag Race France Live, Thomas Jolly signe un show grandiose, théâtral et décalé, qui fait dialoguer culture populaire et ambition scénique. En convoquant les petits frissons de Scooby-Doo et l’imaginaire du fantastique, il offre aux queens un terrain de jeu à la hauteur de leur extravagance. Chacune est brillamment mise en valeur dans des tableaux qui subliment leur spécificité (danse, humour, burlesque,…).
Mais le plus beau tour de magie reste ailleurs : dans cette manière de faire de la différence une célébration et de la liberté un spectacle à part entière.
Mention spéciale au tableau final, absolument époustouflant, qui restera longtemps gravé dans nos mémoires. D’une puissance visuelle saisissante, il déploie une esthétique envoûtante qui évoque irrésistiblement l’univers de Mylène Farmer, que le metteur en scène apprécie beaucoup. 
On ressort avec une furieuse envie de revendiquer, nous aussi, le droit d’être pleinement nous-mêmes. Parce qu’au royaume du drag, les monstres ne sont finalement pas ceux que l’on croit : les véritables héroïnes sont celles qui osent être libres.

En tournée jusqu’au 14 novembre 

Photographie principale : Fabienne Rappeneau

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Chris Bleend