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4 spectacles parisiens à voir

4 spectacles parisiens à voir

Quatre spectacles, une même promesse : celle d’un théâtre vivant où l’intime rencontre le politique, le rire côtoie le doute et les idoles éclairent nos fragilités.

Four shows, one shared promise: a living theatre where the intimate meets the political, laughter brushes up against doubt, and our idols cast light on our deepest vulnerabilities.

A Mots Doux : l’adolescence à fleur d’idole

Avec À mots doux, Thomas Quillardet signe une pièce touchante sur l’adolescence, la construction de soi et le pouvoir intime des figures tutélaires. À travers l’histoire de Sylvain, jeune homme fasciné par Mylène Farmer, le spectacle explore avec poésie ce moment charnière où l’identité vacille, se cherche, se projette et s’invente. Dans cette chambre, royaume qui se transforme en studio de répétition, en scène fantasmée, en laboratoire d’émancipation. Mylène Farmer est partout et nulle part à la fois. Elle agit comme une présence symbolique, une force poétique diffuse qui permet au protagoniste de se construire en dehors des normes et des assignations sociales. Le fantasme n’est pas une fuite ; il devient levier. Au-delà du portrait de Sylvain, À mots doux universalise l’expérience.
Derrière la figure de la chanteuse rousse, chacun peut reconnaître l’idole intime qui a servi de refuge ou de catalyseur à un moment décisif. 

Au théâtre du Rond-Point jusqu’au 22 février 

A tender, finely drawn piece, À mots doux follows Sylvain, a teenager obsessed with Mylène Farmer, to explore adolescence, self-construction and the quiet power of idols. In his bedroom – a kingdom that becomes rehearsal studio, imaginary stage and laboratory of emancipation – Mylène is everywhere and nowhere at once, a symbolic presence that helps him invent himself beyond norms and social labels. Fantasy here is not an escape but a springboard. Beyond Sylvain’s story, À mots doux turns this journey into a universal experience, where anyone can recognize the intimate idol who once served as refuge or catalyst at a decisive moment in life.

On ne se Mentira Jamais : une mécanique du doute aussi brillante que cruelle

Sous les apparences d’une comédie élégante, la pièce écrite par Eric Assous met en lumière ce qu’il y a de plus trouble dans le couple : les non-dits, les zones d’ombre, la jalousie, le mensonge. La mise en scène sobre de Jean-Luc Moreau laisse toute la place à cette exploration intime. Chaque réplique agit comme un révélateur, transformant un événement anodin en séisme émotionnel. Le spectateur assiste d’abord, en simple observateur, à une crise de jalousie apparemment banale, avant de voir celle-ci se transformer progressivement en une véritable enquête. La complicité qui lie Evelyne Bouix et Nicolas Briançon donne une force supplémentaire à la pièce et rend crédible chaque basculement. Ensemble, ils incarnent la tendresse, la fragilité et la violence sourde qui émergent lorsque le doute s’installe. En mettant l’accent sur les zones les plus obscures de la relation amoureuse, la pièce amuse, dérange et interroge, laissant le spectateur face à une question essentielle : peut-on vraiment tout savoir de l’autre sans risquer de perdre l’amour ?
A noter que la musique est signée Laurent Boutonnat, première incursion du compositeur légendaire de Mylène Farmer dans l’univers théâtral.

Au théâtre de Paris jusqu’en mai 2026

Beneath the guise of an elegant comedy, Eric Assous’s play exposes the most unsettling aspects of couplehood: unspoken tensions, blind spots, jealousy and lies. With Jean-Luc Moreau’s understated direction, every line becomes a trigger that turns a seemingly banal fit of jealousy into a genuine emotional investigation. On stage, Evelyne Bouix and Nicolas Briançon form a compelling duo, embodying both tenderness and the quiet violence that surfaces once doubt creeps in. Funny, disquieting and thought-provoking all at once, the piece probes the darker zones of romantic relationships and leaves the audience with a troubling question: can we really know everything about the person we love without risking the loss of that love?

Les Justes : Camus au scalpel, l’humanité en partage

Au Théâtre de Poche-Montparnasse, Maxime d’Aboville signe une mise en scène sobre et tendue des Justes d’Albert Camus, tragédie de l’engagement écrite en 1949. Dans ce huis clos dépouillé, la parole devient champ de bataille : entre idéal révolutionnaire et dilemme moral, le texte retrouve une urgence brûlante. Inspirée d’un fait réel — l’attentat contre le Grand-Duc Serge à Moscou en 1905 —, la pièce questionne la légitimité de la violence politique : peut-on tuer au nom de la justice ? Fidèle à la langue et à l’esprit de Camus, Maxime d’Aboville ne cherche pas à moderniser mais à faire entendre la conscience. Le spectateur, tenu en éveil moral, devient juge à son tour.
Une réussite exigeante et profondément humaine, rappelant que la justice, pour Camus, ne peut se bâtir qu’à hauteur d’homme.

Au théâtre de Poche-Montparnasse jusqu’au 3 mai.

At the Théâtre de Poche-Montparnasse, Maxime d’Aboville offers a stripped-back, tightly wound staging of Albert Camus’s Les Justes, a 1949 tragedy of political commitment. In this bare-bones huis clos, words become a battleground as revolutionary ideals collide with moral doubt, reviving the play’s burning relevance. Inspired by the 1905 assassination attempt on Grand Duke Serge in Moscow, the piece interrogates the legitimacy of political violence: can one kill in the name of justice? Faithful to Camus’s language and spirit, d’Aboville avoids gimmicky updates and instead foregrounds conscience, keeping the audience in a state of moral alert. The result is a demanding, deeply human production that reminds us Camus’s idea of justice can only be built at human scale.

Sherlock Holmes, le Chien des Baskerville : un spectacle familial hilarant 

Cette adaptation du célèbre roman de Sir Arthur Conan Doyle mêle mystère, humour et interactions surprenantes avec le public, offrant une expérience théâtrale qui ravira petits et grands. L’histoire nous plonge dans les landes brumeuses du Dartmoor où Charles Baskerville est retrouvé mort dans des circonstances mystérieuses. Une légende raconte qu’un chien diabolique hante la famille Baskerville, et c’est à Sherlock Holmes et au docteur Watson de percer le mystère. La tension et le suspense sont savamment entrecoupés de moments comiques et de dialogues pleins d’esprit, qui maintiennent le spectateur sur le qui-vive. Les comédiens livrent une énergie folle, enchaînant les rôles avec une virtuosité et une complicité impressionnantes.
Sherlock Holmes, le Chien des Baskerville est une réussite totale.

Au Grand Point Virgule jusqu’au 3 mai

This adaptation of Sir Arthur Conan Doyle’s classic novel blends mystery, humour and playful interaction with the audience, making it a delight for both children and adults. The story takes us to the misty moors of Dartmoor, where Charles Baskerville is found dead in strange circumstances and a sinister family legend speaks of a demonic hound haunting the Baskerville heirs. It is up to Sherlock Holmes and Dr Watson to unravel the truth, in a production where tension and suspense are cleverly punctuated by comic moments and witty dialogue. The actors bring phenomenal energy to the stage, switching roles with impressive virtuosity and chemistry. Sherlock Holmes, le Chien des Baskerville is a resounding theatrical success.

Photographie principale : A Mots Doux – Théâtre du Rond Point

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CB